En continuant, vous acceptez notre Politique de confidentialité qui détaille comment vos données sont utilisées et sécurisées.
J'ai compris
Nous utilisons des cookies pour analyser l'utilisation de ce site par les visiteurs et vous offrir la meilleure navigation possible. Consultez ici notre politique de Cookies.
OK
Quand nos violées se suicident pour se faire justice!

Quand nos violées se suicident pour se faire justice!

5,071 personnes ont signé. Allons jusqu'à   7,500
5,071 soutiens

Clore

Finaliser votre signature

,
En continuant, vous acceptez de recevoir les emails d'Avaaz. Notre Politique de confidentialité protège vos données personnelles et détaille comment elles peuvent être utilisées. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Cette pétition a été lancée par Majda Citoyenne M. et ne représente peut-être pas un positionnement d'Avaaz
Majda Citoyenne M.
a lancé une pétition à destination de
Au Ministre de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid
Quand nos violées se suicident pour se faire justice...

Aujourd’hui, nous enterrons Khadija. Elle avait 17 ans.

Toute une vie pour devenir une femme. Toute une vie pour rêver, se réaliser, grandir, aider à construire un pays qui respecte ses femmes. Khadija s’est immolée. Elle a succombé, suite à ses brûlures, à l’hôpital le 2 août 2016. Aujourd’hui, nous avons enterré, encore une fois, une jeune fille, violée par un groupe d’hommes, filmée pendant le viol et subissant ensuite une forte pression pour retirer sa plainte, selon les médias ayant relaté ce drame. Les violeurs ont été libérés.

En 2012, Amina El Filali, a été enterrée. Elle avait 16 ans.

Elle s’est suicidée en ingurgitant de la mort-au-rat. Violée à deux reprises et contrainte de se marier à son violeur, le seul chemin de salut qui lui restait a été de se donner la mort. L’affaire avait suscité indignation et mobilisation. Et nous avons cru, nous, femmes de ce Maroc, que tout serait fait, dorénavant autrement, pour que justice soit faite et pour que les femmes et futures femmes de ce pays puissent, à défaut d’être protégées par toutes les instances, bénéficier d’une justice équitable ne cédant devant rien.

Combien de nos violées doivent-elles encore se donner la mort pour que justice soit faite ? Combien de nos violées doivent-elles se traîner sur les chemins de la justice, dans le désespoir, sans soutiens, et y laisser échouer leurs corps et vies pour nous interpeller ?

Quand comprendra-t-on que nous sommes toutes des Khadija et que nos vies peuvent un jour basculer ? Quand comprendra-t-on que nous serons sans répit tant que nos violeurs circulent librement et que nos violées se suicident en lançant leur dernier cri de détresse pour se faire justice ?

Jusqu’à quand nous contenterons-nous de pleurer nos violées, de les enterrer, en caressant le rêve d’une société qui sache respecter ses femmes, toujours remis au lendemain sans qu’il voit jamais le jour ?

Nous sommes toutes Khadija. Et à chaque fois que nous enterrons une Amina, une Khadija, une future victime, dans le silence et l’injustice, nous enterrons toutes les femmes, un projet de société et l’avenir de ce pays.

Une citoyenne marocaine