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Toujours plus nombreux contre le projet financier, immobilier et commercial dans l'ancien rectorat de Paris

Toujours plus nombreux contre le projet financier, immobilier et commercial dans l'ancien rectorat de Paris
  
  

 


Pourquoi c'est important

Paris, Texas ?

Depuis juin 2016, animé par l'association Carton Rouge, un collectif d'habitants, associations locales, membres des conseils de quartier et commerçants du 20e arrondissement de Paris affronte promoteurs et décideurs du projet financier, immobilier et commercial dans l'ancien rectorat de Paris, 94, avenue Gambetta, vendu par son propriétaire initial Allianz. Déjà 4.500 signatures en ligne et sur papier, une agora tous les samedis place Saint‐Fargeau de 11h à 13h, une manifestation qui a réuni, en juin 2017, plus de 500 personnes.

Le projet prévoit un supermarché à cent mètres d’un autre supermarché, dans un territoire, autour de la place Saint‐Fargeau, largement pourvu en supermarchés et supérettes, notamment du groupe Carrefour.

Constamment harcelés les quartiers du nord du 20e ont déjà repoussé la suppression programmée de leur Poste ‐ remplacée par un « Point Poste » dans un Carrefour City!‐ et la fermeture d'un club pour les anciens.

Territoire harcelé
L'installation du Carrefour a été autorisée par la Commission Départementale d'Aménagement Commercial (CDAC), où siège la Ville de Paris, à partir d'une carte des implantations de commerces datant de... 2005 ! Autorisation qui fait également état de la création de 90 emplois par Carrefour, alors qu'une étude de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat montre qu'en moyenne 250 emplois sont détruits dans le commerce et l'artisanat en ville quand une grande surface s'installe!

Le projet avenue Gambetta, comme le suggère une convention passée en décembre 2015 entre le groupe Carrefour, le premier promoteur CVI‐Gambetta (filiale du leader mondial de l'agro‐alimentaire Cargill) et la mairie du 20e, est de faire louer les 16.000 m2 de bureaux au‐dessus du Carrefour à une administration publique qui y serait déplacée : où sont les créations d'emplois ?

Si ce Carrefour‐Market de 1.950 m2, superficie maximale d'un "super", poursuit la colonisation de Paris par les supérettes et les supermarchés de grandes enseignes, il pourrait annoncer une amplification de cette conquête. En effet Carrefour disposera ici de 1.300 m2 de réserves et bureaux qu'il se vante publiquement de vouloir supprimer partout en France, au profit des surfaces de vente (zéro stock et gestion déléguée au siège).


Langues fourchues
Certes, le collectif et les élus qui le soutiennent savent que leur action a déjà permis qu'à partir du 1er janvier 2018, l'ouverture ou l'extension à Paris d'un commerce de plus de 400 m² sera soumise à autorisation préalable par la CDAC, seuil abaissé à 400 m² à titre expérimental, jusqu'au 31 décembre 2020. Et après 2020 ? Cet hyper potentiel ne vient‐il pas en éclaireur de la meute ?

Ce bel espace de l'ancien rectorat pourrait mieux accueillir une coopérative comme La Louve, qu'Anne Hidalgo a inaugurée, avec un discours dithyrambique, dans le 18e. Antoinette Guhl, son adjointe à l'ESS, élue du 20e, soutient la création d'une coopérative bio dans le 20e, pourquoi pas installer cette coopérative dans l'ex‐rectorat ?

Sur un sondage en ligne du collectif, les habitants sollicitent un marché bio et de circuit court, une salle de gym, des locaux associatifs, une salle à louer pour tous, une pépinière d'entreprises de l'ESS ou de «jeunes pousses», une université populaire, des artisans, une maison médicale, un "repair café" animé par des bénévoles, une maison de la parentalité...

Le 4 mai 2016, lors d'une réunion en mairie du 20e avec les élus, Carrefour et le promoteur CVI‐Cargill, le collectif a demandé que la Semaest, société d'économie mixte de la Ville, spécialisée dans l'animation économique des quartiers prenne l'affaire en mains, puisque sa mission est de « conduire des projets d'aménagement, de rénovation et de développement économique au service de la vitalité urbaine ».

Pendant ces pourparlers, Cargill préparait en fait secrètement la revente du bâtiment en VEFA (vente en état de futur achèvement annoncée par communiqué de presse le 15 mai 2016 !) au promoteur Icade, filiale à 39% de la Caisse des Dépôts, qui opère avec de l'argent public.

Enterrer la hache de guerre?
Le prix de revente à Icade étant de 137 millions d’euros, contre 51 millions à l’achat et le montant des travaux, largement surestimé selon le collectif, étant de 30 millions, le bénéfice de l'américain est de 56 millions au bas mot. Le 23 mai 2017, le Conseil d’arrondissement du 20e a adopté un vœu du groupe Place au Peuple demandant que « la Maire de Paris étudie tout moyen nécessaire, y compris (…) juridique, pour s’assurer que l’intérêt public a été respecté à l’occasion de ce rachat » et « que le projet (...)soit remis à plat », afin « que les propositions alternatives, formulées par la population soient sérieusement prises en compte ».

Le 13 décembre 2017, sous une pluie battante et chevauchant un rare cheval de fer du RER C fonctionnant ce matin‐là, Carton Rouge menait une incursion des tribus des Hauts de Belleville et Ménilmontant chez Icade à Issy. Icade a grand ouvert les portes de sa forteresse et promis aux « braves » d'être présent si une rencontre était organisée avec la maire de Paris.

Les habitants n'espèrent qu'une chose : avec le ferme soutien des élus motivés, que s'ouvrent les portes de l'Hôtel‐de‐Ville pour mettre enfin l'affaire sur la table de Madame Hidalgo. Et enterrer la hache de guerre, dans un territoire du nord du 20e où il fera bon vivre ensemble.

Demandez à recevoir régulièrement les informations du collectif en envoyant un mail à [email protected]

Blog nonaucarrefouraurectorat.wordpress.com
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Publiée Juillet 8, 2016
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