En continuant, vous acceptez notre Politique de confidentialité qui détaille comment vos données sont utilisées et sécurisées.
J'ai compris
Nous utilisons des cookies pour analyser l'utilisation de ce site par les visiteurs et vous offrir la meilleure navigation possible. Consultez ici notre politique de Cookies.
OK
A toute personne qui a appris à l'école 1 de Boghé escale:  réhabilitation des salles

A toute personne qui a appris à l'école 1 de Boghé escale:  réhabilitation des salles

42 personnes ont signé. Allons jusqu'à   200
42 soutiens

Clore

Finaliser votre signature

,
En continuant, vous acceptez de recevoir les emails d'Avaaz. Notre Politique de confidentialité protège vos données personnelles et détaille comment elles peuvent être utilisées. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.
Cette pétition a été lancée par Alpha Oumar n. et ne représente peut-être pas un positionnement d'Avaaz
Alpha Oumar n.
a lancé une pétition à destination de
A toute personne qui a appris à l'école 1 de Boghé escale
Boghé : Chronique surréaliste sur l’école 2 de Boghé Escale
Abdoulaye Kénémé - Dans mon métier dans le bâtiment, j’ai eu à réhabiliter les classes de l’école II de BoghéEscale (ville située au sud de la Mauritanie). Au-delà de l’aspect professionnel, j’ai eu à faire des constats sur le faible niveau des élèves et de l’état de délabrement de nos écoles.

Cette chronique, m’a été inspirée par une ancienne bâtisse qui date de la coloniale et qui me chargea la mission de transmettre ses complaintes. Voici résumées les interpellations de la vieille bâtisse : Vielle Bâtisse : Jeune homme viens ici ! Je voulais te charger d’une mission à l’endroit de mes enfants et même petits enfants.

Ken Laye : Une bâtisse qui a des enfants et petits enfants ? Je rêve ou quoi ?

VB : Noooo ! Tu ne rêves pas ! J’appelle enfants et petits enfants les élèves qui ont eu à faire leur scolarité dans cette école et dans cette classe donc issus de mes entrailles. Tu me comprends maintenant ?

KL : Oui je saisis actuellement ce que vous voulez dire.

Mais personnellement je ne les connais pas et ou est ce que je pourrai les retrouver ?

VB : Tu vas demander aux anciennes générations et elles te donneront sans nul doute leurs noms et prénoms et tu leur diras qu’ils m’ont oubliée et même abandonnée. Si c’est possible tu te rendras à leurs lieux de travail ou à leurs domiciles bien que des échos me parviennent comme quoi qu’ils sont devenus pour la plupart des en faut d’en haut et que leurs résidences sont difficilement accessibles car surveillées par des hommes en tenue.

KL : Haaa ! Grand-mère je veux bien …….vous rendre ce service mais …… dans ces conditions ce sera difficile de les voir pour leur transmettre vos complaintes.

VB : Sinon, comme ils savent lire et écrire, tu leur adresseras des lettres en y mentionnant que c’est leur classe en briques en terre cuite de l’école II qui se rappelle à leurs bons souvenirs.

KL : Mais grand-mère on a dépassé l’ère des lettres, on est maintenant à celle du numérique !

VB : C’est quoi encore ce machin des blancs ? Moi j’ai connu les vrais blancs qui parlaient et écrivaient très bien le français, qui construisaient des édifices qui défiaient le temps dont j’en suis un des vestiges. Pourquoi leurs petits enfants inventent-ils encore ce machin qui ne sert à rien ?

KL : Haha !Noooo ! Grand-mère, ce machin comme vous le dites sert à beaucoup de choses. Il permet en un laps de temps par exemple de contacter des millions de personnes à travers le monde.

VB : Tu veux dire que ce machin itou, cette invention, pourra me permettre de communiquer avec mes enfants et petits enfants qui m’ont abandonnée ?

KL : Bien sûr !

VB :Walaaa !(1) Donc avec la nouvelle invention des blancs, tu leur diras ceci de ma part :

- Qu’ils se souviennent que c’est moi qui les avais accueillis sous mon toit, à l’abri du soleil, des vents de sable comme l’aurait fait leur maman qu’ils ont laissée à la maison ou au village pour ceux d’entre eux qui venaient des villages environnants,

- Qu’ils se souviennent que leur premier apprentissage de l’écriture, du calcul avec les bâtonnets, c’était également sous mon regard maternel,

- Qu’ils se souviennent que parmi eux il y avait de bons élèves dont certains sont devenus de grands cadres dans ce pays et d’autres dont la rigidité de la cervelle renvoyait à la rigidité des grosses pierres du mur de l’élevage,

- Qu’ils se souviennent que je servis également de cantine pour beaucoup d’entre eux qui ne souffrirent point de la faim à cause de l’éloignement de leur famille,

KL : Dites-moi VB ça fait longtemps que vous ne les avez pas vus ?

VB : Certains d’entre eux passent ici, me jettent un regard attendrissant, se remémorent de leur passage dans cette bâtisse et repartent comme ils étaient venus et peut-être ne reviendront plus jamais. Si j’avais la force de ma jeunesse je me serai déplacée pour les dénicher un à un et leur dire de vive voix la rancœur qui m’habite et dont ils sont malheureusement les seuls responsables.

KL : Bon maintenant quel est le motif principal de vos complaintes ?

VB : Qu’ils me ramènent à mes vingt(20) ans !Qu’ils me redonnent ma sculpture d’antan, mon charme d’alors qui fera que je puisse être dans le patrimoine matériel de Boghé et que je sois objet de curiosité architecturale et contée par les langues de la postérité aux générations futures.

Ce n’est pas les moyens qui leur manquent car beaucoup d’entre eux sont devenus- d’après les dires- des responsables. Je ne leur demande pas l’impossible mais si chacun d’entre eux donnait un tout petit peu de ce qu’il gagne pour ma réhabilitation, je ne serai pas aujourd’hui dans cette situation lamentable et hideuse dans laquelle tu m’as trouvée.

KL : Et maintenant pour celui ou ceux d’entre eux qui souhaiterait (ent) répondre positivement à ce cri de détresse, à qui pourra t il s’adresser ?

VB : Au bureau des parents d’élèves de l’école II pardi. Eux au moins, je l’espère sauront mettre fin à mes souffrances car si les toubabs qui m’avaient tant rendue charmante revenaient sur terre et faisaient un tour à l’école II de Boghé Escale, cette cour serait inondée de larmes de chagrin et transformée en » djinthiou » (2) en miniature. J’ai le cœur gros mon petit et je compte sur toi pour transmettre mon message à mes enfants et petits enfants qui m’ont abandonnée.

KL : Ce sera fait in cha Allah , VB, car comme on le dit en pulaar : » nelal ko bakkaat » (3).

Ken Laye à Boghé.

Tel : 41 61 51 98

Email : abdoulayekeneme@yahoo.fr

(1) Lire voilà
(2) Marigot séparant Boghé Dow et Boghé Escale
(3) Ne pas transmettre une commission équivaut à commettre un délit