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C'est une urgence:
Rejoignez les grĂšves mondiales pour le climat Vendredi 20 septembre

Protéger l'enseignement à la maison

Protéger l'enseignement à la maison

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Cette pĂ©tition a Ă©tĂ© lancĂ©e par Marie-Ève G. et ne reprĂ©sente peut-ĂȘtre pas un positionnement d'Avaaz
Marie-Ève G.
a lancé une pétition à destination de
M. Jean-François Roberge, ministre de l'éducation
 Petite note en entrĂ©e de scĂšne: Vous m'excuserez si j'ai laissĂ© quelques fautes. Je suis pourtant allĂ©e Ă  l'Ă©cole. 😉
Mais surtout, c'est que j'ai trois enfants Ă  Ă©duquer en famille et bien d'autres suivis Ă  faire

------  

Je suis déçue. Je suis fùchée. Je suis consternée.
Pour tout vous dire, je suis indignée par ce dossier qui explose subitement et qui fragilise encore une fois nos vies, nos choix, notre éducation


M. Jean-François Roberge - ministre de l'éducation,
M. François Legault - premier ministre du Québec,
SVP messieurs, je vous prie de faire VOS devoirs.
C'est urgent.  


Mes principaux points Ă  aborder :
1    
DĂ©mystification: enseignement Ă  la maison
2    
Projet de rÚglement: imposer la passation des épreuves ministérielles
3    
Campagne de désinformation: écoles religieuses illégales versus école à la maison
4     Bris de confidentialité de la part du gouvernement


1- DĂ©mystification: enseignement Ă  la maison:
Vos intentions sont bonnes, M. Roberge. J'en suis convaincue.
Et tout comme l’ensemble des parents-Ă©ducateurs qui offrent un apprentissage personnalisĂ© Ă  ses enfants, vous souhaitez certainement favoriser la rĂ©ussite Ă©ducative et renforcer la qualitĂ© des apprentissages. Pour ce faire, vous envisagez des modifications au RĂšglement sur l’enseignement Ă  la maison.  
C’est ici que je me proNONce.  

En apprenant le dĂ©pĂŽt d’un nouveau cadre rĂ©glementaire, j’ai fait mes devoirs. En explorant le contenu de cette modification au rĂšglement, j’ai ressenti l’urgent besoin de vous parler. De contribuer Ă  faire mĂ»rir vos rĂ©flexions. De vous permettre de faire des choix logiques et soutenus par des faits. Et Ă©galement, de rĂ©tablir une saine information auprĂšs la population gĂ©nĂ©rale.  

Pour toutes ces raisons, M. Roberge, je vais oser ouvrir nos portes. Ouvrir nos portes sur une partie de notre vie privée, de notre réalité.

Je suis mĂšre de trois enfants. Merveilleux. Uniques. Adorables.
Exigeants aussi. L'un de mes enfants, M. Roberge, a une liste plutÎt longue de défis particuliers et de diagnostics émis par des professionnels de la santé et de l'éducation. Allons-y avec quelques-uns seulement. Simplement pour vous donner une petite idée de notre réalité. De SA réalité. De ses défis et de ses obstacles. De son combat, à tous les jours. 24/7.

TDAH sĂ©vĂšre avec impulsivitĂ© / rigiditĂ© cognitive / trouble sĂ©vĂšre de l'opposition / anxiĂ©tĂ© / dyslexie / dysorthographie / atteinte sĂ©vĂšre de la mĂ©moire Ă  court terme, troubles des fonctions exĂ©cutives
 
Et j’en passe. Pour ne pas vous dĂ©couragez de me lire.  

Pour avoir vous-mĂȘme travaillĂ© 17 ans dans les Ă©coles primaires M. Roberge, je sais que vous comprendrez l'histoire qui suit...

Ce bel enfant, compliqué certes, mais d'une beauté intérieure sans pareil, était assis sur vos bancs d'école jusqu'à l'an dernier.

École primaire et commission scolaire avec qui j'ai toujours collaborĂ©, Ă©tĂ© prĂ©sente, impliquĂ©e, comprĂ©hensive et en mode solutions. Milieu scolaire Ă  qui j'ai demandĂ© des services, des Ă©valuations, de l'aide, du soutien et ce, dĂšs son entrĂ©e Ă  l’école parce que les besoins Ă©taient au rendez-vous. J'ai participĂ© aux rencontres, entretenu des liens respectueux avec les divers professionnels, j'ai demandĂ© des suivis. J'ai redemandĂ© des services.
J'ai attendu, j'ai Ă©coutĂ©, j'ai demandĂ©, j'ai participĂ©, j'ai patientĂ©. J'ai redemandĂ©, j'ai Ă©crit, j'ai appelĂ©, j'ai recommencĂ©. J’ai demandĂ© plus fort parce que pendant ce temps, M. Roberge, mon enfant, lui, est en SOUFFRANCE. Que dis-je, M. Roberge, je me reprends : sa famille au complet est en souffrance...!  

En souffrance parce que les crises dĂ©mesurĂ©es, frĂ©quentes et douloureuses, le dĂ©bordement de son anxiĂ©tĂ©, les impacts de son imposante dĂ©prĂ©ciation de lui-mĂȘme, de son sentiment gros comme le ciel d'ĂȘtre dont bien diffĂ©rent des autres et d'ĂȘtre si peu intelligent, faisaient parties prenantes de sa rĂ©alitĂ© quotidienne.

Se frapper la tĂȘte en se disant que son cerveau est plus pourri que tous les autres


C'Ă©tait chaque jour, M. Roberge, que nous vivions cette rĂ©alitĂ© dramatique, troublante et inacceptable. C’était chaque jour et notamment durant la pĂ©riode des leçons. Mais Ă  tout moment Ă©galement.  

****Et ici, je tiens de tout cƓur Ă  prĂ©ciser la bontĂ©, la gĂ©nĂ©rositĂ© et la belle collaboration offerte par des enseignantes plus qu’extraordinaires. Des enseignantes formidables que nous avons eu la chance d'avoir sur notre chemin et dans la vie de notre enfant!*****

Vous ĂȘtes chanceux, M. Roberge, d’avoir dans vos Ă©coles des perles rares comme la majoritĂ© des professeurs. Il faudrait leur faire attention Ă  ces employĂ©s de cƓur qui donnent Ă©normĂ©ment, malgrĂ© les conditions alarmantes avec lesquels ils doivent composer.  

Ce petit garçon qui, depuis trop longtemps, Ă©tait prĂȘt Ă  «mordre» tous ceux qui s’approchaient de lui, simplement parce qu’il se sentait toujours inconfortable, toujours en Ă©chec, toujours en bataille. Ce petit garçon qui portait une armure double carabinĂ©e parce qu’il Ă©prouvait constamment le sentiment de mal ĂȘtre profond et en l’occurrence, se sentait attaquĂ© par tout et par rien
 cette armure beaucoup trop lourde pour un si petit bonhomme
 pour mon petit bonhomme, M. Roberge


Ce petit garçon s’opposant Ă  tout et mĂȘme Ă  des choses auxquelles ils auraient pourtant voulu dire «oui». Ce petit garçon qui faisait des crises Ă©pouvantables, interminables et douloureuses pour toutes les raisons du monde et Ă©galement, sans aucune raison visible pour nous.

Ce petit garçon, M. Roberge, avait perdu la lumiĂšre dans ses yeux... Ce petit garçon avait perdu sa joie, son bonheur d’enfant, son goĂ»t d’apprendre, son envie de se dĂ©passer
 Vous savez M. Roberge, cette petite Ă©toile qu’on veut voir dans les yeux des enfants, elle n’était plus prĂ©sente pour mon enfant de 9 ans
!

Un enfant qui a pourtant la chance de vivre dans une famille saine, disponible, avec de l’amour, de l’encadrement, de la constance, de la prĂ©sence
  

Qu’on se le tienne pour dit, un enfant qui ne correspond pas au milieu scolaire traditionnel qu’on leur impose est un enfant qui Ă©touffe jour aprĂšs jour, annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Nous vivons une situation alarmante Ă  laquelle nous sommes tous tĂ©moins, et dont nous sommes tous des acteurs principaux.  

Avec toute votre expĂ©rience M. Roberge, vous n’ĂȘtes pas sans savoir que des histoires comme la nĂŽtre, en l'occurence, des enfants qui ne correspondent pas au milieu scolaire traditionnel, il en pleut Ă  la tonne dans notre sociĂ©tĂ©.

Que devons-nous faire?
«Taper sur la tĂȘte» de ces enfants pour qu’ils entrent dans le moule? Pour qu’ils cadrent dans le systĂšme scolaire traditionnel que nous les adultes avons choisi et considĂ©rons comme seul et unique modĂšle?
Je ne crois pas non. Et d'ailleurs, vous non plus, M. Roberge...

Depuis que nous faisons l'enseignement Ă  la maison...
Depuis que nous avons intégré un mode de vie qui permet des apprentissages différents, sur mesures et adaptés. Depuis que nous faisons des projets concrets, manuels et pratiques, mon fils va tellement bien M. Roberge...

Mon fils vit des réussites.

Sa confiance et son estime personnel ont augmentĂ© d’une façon remarquable et oh, combien nourrissante!

Son anxiĂ©tĂ© a diminuĂ© jusqu’à ne pratiquement plus faire partie de son quotidien.

...Et ses YEUX, M. Roberge
 ses yeux brillent enfin à nouveau

La joie de vivre est au rendez-vous! Si vous saviez Ă  quel point nous sommes heureux, fiers et comblĂ©s de voir notre enfant se sentir bien et avoir chassĂ© la noirceur
 Avoir chassĂ© les idĂ©es sombres et nĂ©gatives qu’il portait si lourdement


Tous ceux qui le rencontre Ă  nouveau s’exclament de voir un enfant autant changĂ©. Un enfant aussi bien, aussi rieur et sociable comme il l’est actuellement.

D'ailleurs, je dois absolument souligner l'amélioration remarquable de ses habiletés sociales maintenant que son mode de vie est adapté et qu'il se sent bien. Ce petit bonhomme qui a si souvent «pleuré de ne pas avoir d'ami» dû, entre autres, à son impulsivité imposante.

On pense souvent, à tord, que les enfants scolarisés en famille ne seront pas capables de bien agir en société. La crainte est légitime. Et je comprends que l'on puisse s'en inquiéter. Mais les faits nous démontrent autres choses...
De plus, il est important de savoir que les familles-éducatrices sortent, socialisent, se regroupent, visitent, s'impliquent socialement. Les enfants sont, pour une grande majorité, réguliÚrement en contact avec d'autres enfants et ont du TEMPS de qualité pour développer des liens.

Bref... l'enseignement Ă  la maison...
C’est le plus beau cadeau qu’on ait pu lui faire.
C’est le plus beau cadeau qu’on ait pu se faire en tant que famille.  

De nombreuses trousses Ă©ducatives, gratuites et clĂ©s en main, sont disponibles sur une panoplie de sujets, touchant ainsi une variĂ©tĂ© impressionnante de matiĂšres scolaires. Les liens avec le programme de l’éducation sont habituellement bien inscrits afin de faciliter l'intĂ©gration des trousses dans les Ă©coles.

Mais pour l'avoir vĂ©cu M. Roberge, vous le savez... Les enseignants sont inondĂ©s par leur travail, par leur classe trop nombreuse, par le nombre d’élĂšves en besoins particuliers, par les exigences qu’ils doivent rencontrĂ©s et par le temps qui manquent pour pouvoir intĂ©grer ces programmes.
Triste réalité. 

Ce sont pourtant des trousses pĂ©dagogiques en lien avec les recommandations provenant du guide meilleures pratiques en termes de santĂ© publique. Il est malheureux de constater que tout ce travail est souvent subventionnĂ© par l’état, pour l’état, mais qu’il n’est pas utilisĂ©.  

Lorsque l’on fait l’enseignement Ă  la maison, nous avons l’opportunitĂ© d’utiliser ces trousses riches en matĂ©riel et en contenu. Nous avons la chance d’utiliser celles qui correspondent aux intĂ©rĂȘts de l’enfant et de prendre le temps nĂ©cessaire pour les utiliser Ă  bon escient, selon le rythme de l’enfant. Un modĂšle qui fait ses preuves en termes d’efficacitĂ© au niveau d’un apprentissage durable et motivant.    


2- Un projet de rÚglement qui impose la passation des épreuves ministérielles
Personnellement, je crois que l'Ă©ducation est la base de la vie.
Je suis de celles qui croient avec conviction que l’éducation change le monde. Que tout le monde mĂ©rite une chance Ă©gale « d’écrire » son avenir. Que l’éducation apporte des connaissances et que les connaissances nourrissent la force d’un peuple et contribuent Ă  changer le monde.

Ce n’est pas l’éducation qui est un problĂšme en soi.
Ce n’est pas la majoritĂ© des enseignants et des professionnels du milieu scolaire non plus.
Ce qui est dĂ©faillant, M. Roberge, c'est le systĂšme d’éducation.  

Pour avoir vous-mĂȘme Ă©crit un livre sur le sujet, intitulĂ© « Et si on rĂ©inventait l’école? », je sais pertinemment, M. Roberge, que vous ĂȘtes en accord avec le fait qu’il est urgent d’agir et de modifier ce systĂšme que vous dĂ©plorez Ă©galement.

Pourquoi existe-t-il un tel entĂȘtement au QuĂ©bec Ă  vouloir protĂ©ger et conserver ce mĂȘme modĂšle aux rĂ©sultats pourtant catastrophiques? Et pourquoi dĂ©cider de le faire entrer (en plus (!)) dans nos maisons, ce modĂšle dĂ©faillant?  

Notre modĂšle d’éducation est le mĂȘme depuis l'Ă©poque de l'industrialisation. Il ne va sans dire que nous sommes plus rapides pour s'amĂ©liorer dans d’autres domaines.. Mais pourtant
! Pourtant ce domaine devrait ĂȘtre LA prioritĂ© des prioritĂ©s.

L’éducation sert au peuple depuis toujours, maintenant et pour les gĂ©nĂ©rations futures. Pourrait-on se servir de l'expĂ©rience de notre passĂ© relative Ă  l'Ă©ducation, des bilans et des rapports en lien avec l'Ă©valuation de notre systĂšme scolaire? Pourrait-on se servir de ces constats comme tremplin pour faire Ă©voluer notre systĂšme scolaire?

M. Roberge, pourrions-nous enfin reconnaitre que l’éducation ne fonctionne pas comme « un vase Ă  remplir » chez une majoritĂ© des enfants? Aristophane le savait dĂ©jĂ , lui, dans les annĂ©es -400! S’en est suivi plusieurs autres grands penseurs qui ont repris ses mots au fil des siĂšcles (Montaigne, Rabelais, Montessori).

Pourrions-nous, enfin, réajuster le tir?  

Le rĂ©sumĂ© du livre que l’on retrouve au dos de l’ouvrage dont vous ĂȘtes l’auteur, M. Roberge, relate bien l’état dĂ©sastreux de notre systĂšme scolaire actuel, qui est en crise.

Je vous cite :
« De toute urgence, il faut faire de l’éducation notre prioritĂ© nationale. Plus encore, il faut carrĂ©ment rĂ©inventer l’école parce que, de toute Ă©vidence, ça ne va plus. Écoles dĂ©labrĂ©es, taux de dĂ©crochage alarmant, analphabĂ©tisme grimpant : les QuĂ©bĂ©cois ne peuvent plus rester les bras croisĂ©s. Investir davantage ne suffit pas. Il faut changer notre façon de faire. Pour ce, tous les groupes impliquĂ©s dans le rĂ©seau scolaire doivent accepter de renoncer Ă  leurs intĂ©rĂȘts corporatistes et n’avoir dĂ©sormais qu’un seul but en tĂȘte : donner prioritĂ© Ă  l’élĂšve. [...] Jean-François Roberge ose mettre de l’avant des idĂ©es novatrices qui susciteront bien des discussions. « En clair, insiste l’auteur, notre survivance comme peuple dĂ©pend de notre capacitĂ© Ă  valoriser l’éducation. Il faudra en avoir le courage. Ainsi, nous pourrons lutter contre la pauvretĂ©, contrer l’intimidation, dĂ©fendre notre langue et relancer notre Ă©conomie. »  

Ces constats, absolument reprĂ©sentatifs de notre systĂšme scolaire en crise, sont des plus alarmants. Et malgrĂ© tout, cela ne reprĂ©sente pas le moindre mal
 Car le plus grand malheur derriĂšre ces rĂ©sultats tragiques et inacceptables, ce sont les petits humains qui en souffrent. Ce sont les enfants, les adultes de demain, qui en payent le prix. On retrouve trop souvent des Ă©lĂšves dĂ©motivĂ©s, en proie Ă  l’anxiĂ©tĂ© et Ă  la dĂ©pression.

Pouvons-nous prendre conscience qu’un changement majeur de notre systĂšme d’éducation est urgent? Pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ© de nos enfants. Pour l’avenir de notre monde.

Nous devons cesser de rester des tĂ©moins silencieux devant un tel flĂ©au. Il s’agit lĂ  d’une responsabilitĂ© sociale. D’une urgence d’agir. M. Roberge, nous devons cesser d’ĂȘtre les acteurs principaux de ce systĂšme.  

Lorsque j’ai entendu parler de vous au dĂ©but de votre carriĂšre en politique, lorsque je vous ai entendu parler de votre profession d’enseignant, de vos constats et de vos ambitions face Ă  l’éducation, j’ai ressenti une petite source d’espoir. Car malgrĂ© vos allĂ©geances politiques qui ne correspondent pas aux miennes, je crois que l’important est de sauver l’éducation.

J’y ai cru, M. Roberge, Ă  vos intentions, vos idĂ©es et Ă  votre fougue de guĂ©rir un systĂšme mal en point.

D’ailleurs, toutes entreprises ou organismes qui vivraient une telle calamitĂ© publique chercheraient des solutions pour remettre le cap vers l’atteinte d’objectifs honorables, avant de perdre pied.

Et surtout (!) aucune entreprise ne tenterait d'agrandir sa chaĂźne sous le modĂšle d'un systĂšme dĂ©ficient. Les risques d'Ă©chec seraient calculĂ©s et seraient rapidement notĂ©s comme Ă©tant trop risquĂ© de perdre la face... Si l'image utilisĂ©e pour une entreprise en situation de crise est facile et logique Ă  comprendre, pourquoi du point d'un service public d'une aussi grande importance que l'Ă©ducation, cette mĂȘme logique n'est pas appliquĂ©e?

Comment pouvez-vous laisser un systÚme défaillant, un systÚme inchangé et inadapté, venir se multiplier jusque dans nos maisons?

Qu’est-ce qui a changĂ© depuis l’écriture de ce livre, M. Roberge? OĂč sont allĂ©es vos convictions et votre sentiment d’urgence Ă  changer un systĂšme dĂ©faillant? Loin de moi l’idĂ©e de vous offusquer ou de vous discrĂ©diter.
Au contraire. Je suis respectueuse. Je m’affirme. Je me questionne.
Et je tente de comprendre.
Mais je ne comprends pas... Et comme tout bon élÚve, je cherche à comprendre lorsque je veux savoir et avancer.  

Que souhaitez-vous pour l’enseignement Ă  la maison? Que nous fassions un copier-coller des Ă©coles dans nos maisons? Vous souhaitez que l’on suive exactement la formule qui ne fonctionnait pas et avec laquelle nous avons eu toute la misĂšre du monde Ă  s’en sortir sans trop de cassures? Vous souhaitez que l’on fasse les mĂȘmes « cahiers » qu’à l’école, les mĂȘmes horaires, les mĂȘmes exigences?

Parce qu’en fait, si vous obligez la passation des mĂȘmes examens, vous comprenez que vous exigez Ă©galement le mĂȘme fonctionnement que dans les Ă©coles.  

M. Roberge, je ne suis pas payĂ© pour le travail de parent-Ă©ducateur que j’accomplis. Au contraire. Je laisse un salaire annuel de 50 000$ pour « sauver mes enfants » d’un systĂšme dĂ©faillant qui n’est pas prĂšs d’évoluer. C’est nous les parents qui assumons Ă©galement les coĂ»ts des activitĂ©s, les ressources, les dĂ©placements, les logiciels, les visites aux musĂ©es et ailleurs pour faire l’éducation en famille. Ce n’est pas un petit choix fait au hasard des choses.  

Avant d’exiger de telles choses, M. Roberge, je vous prie, une fois de plus, de faire vos devoirs, de vous intĂ©resser sincĂšrement au systĂšme d’éducation en gĂ©nĂ©ral, pour l’avenir de la population quĂ©bĂ©coise.  

Je crois, M. Roberge, qu’il faut rĂ©ellement se poser la question : lequel de nos deux systĂšmes fonctionnent le mieux? Et je ne crois absolument pas que la solution soit de faire l’école Ă  la maison pour tous les enfants. Je ne dirais jamais une telle chose!  

Mais je crois fermement par contre que de laisser la libertĂ© du choix est primordial, en plus d’offrir un soutien de qualitĂ©, une collaboration respectueuse et de favoriser une communication ouverte et saine auprĂšs de ceux qui font le choix de l’enseignement Ă  la maison. Et surtout, je crois que l’urgence de votre travail est de rĂ©volutionner le systĂšme Ă©ducatif actuel.

AprĂšs tout, n'est-ce pas les fondements mĂȘme de votre poste au gouvernement?  

Il faut Ă  tout prix ĂȘtre conscient que plusieurs parents-Ă©ducateurs mettent de cĂŽtĂ© leur carriĂšre, leur sĂ©curitĂ© financiĂšre et leur temps pour « sauver leurs enfants » et faire eux-mĂȘmes leur Ă©ducation. Il faut ĂȘtre conscient de tout ce que nous faisons comme action pour veiller au bon dĂ©veloppement de nos petits.
 
Être conscient de notre rĂ©alitĂ© et de nos façons de faire pour en arriver Ă  d’aussi bons rĂ©sultats. Nous ne voulons pas, M. Roberge, reproduire votre systĂšme d’éducation dans nos maisons. Je me rĂ©pĂšte, mais, je suis certaine qu’en me lisant, vous comprendrez que ce serait digne d’une aberrance profonde.  

Je comprends que l’école Ă  la maison peut faire peur. L’enseignement Ă  domicile, ça sonne souvent comme quelque chose de mystĂ©rieux, de diffĂ©rent. Bref, c’est de l’inconnu pour une grande majoritĂ© de la population. Et c’est bien connu : l’inconnu fait peur


Que fait-on devant un sujet inconnu? Une seule chose Ă  faire : questionner, s’intĂ©resser, tenter de comprendre. Bref, c’est un peu comme Ă  l’école lorsque l’on dĂ©couvre un nouveau sujet : on fait ses recherches, on lit sur le dossier, on rencontre les gens et surtout, on fait confiance aux personnes significatives qui peuvent nous en dire plus sur le sujet (ici, je sous-entends la DEM qui est VOTRE Ă©quipe de travail et qui sont aux faits d’un portrait assez reprĂ©sentatif de ce qu’est l’école Ă  la maison).
Et bien sĂ»r, il y a l’AQED, et tous les parents-Ă©ducateurs qui sont aux premiĂšres loges de ce sujet.  

En apprentissages en famille, nous avons du temps. Nos enfants ont le temps d’ĂȘtre des enfants, de vivre, de respirer et de s’amuser. Les spĂ©cialistes prĂŽnent le jeu pour apprendre. Ici, nous avons la chance d’appliquer ce principe.

Vous connaissez la citation de M. Benjamin Franklin : « Tu me dis, j'oublie. Tu m'enseignes, je me souviens. Tu m'impliques, j'apprends. ». C'est également un des principes que nous intégrons dans la façon d'enseigner à la maison.

Nous avons l’opportunitĂ© d’intĂ©grer les recommandations de divers spĂ©cialistes de la santĂ© et de l’éducation. L'opportunitĂ© d'intĂ©grer des trousses pĂ©dagogiques qui figurent dans le guide des meilleures pratiques en termes de santĂ© public.

Je pense, entre autres, Ă  l’importance du jeu libre et du jeu extĂ©rieur qui est un manque important chez une majoritĂ© d’enfants quĂ©bĂ©cois. Je pense Ă©galement aux multiples bienfaits et apprentissages qu’apportent le fait de cuisiner. Aux activitĂ©s de la vie quotidienne qui font des liens hypers intĂ©ressants et concrets avec les apprentissages que l’on retrouve dans le programme ministĂ©riel. ActivitĂ©s de couture, de crĂ©ations artistiques, de construction, de rencontres, d’échange intergĂ©nĂ©rationnel, et j’en passe.  

Nous intĂ©grons les recommandations en ce sens, alors que nous n’avions pas le temps Ă  l’époque oĂč notre famille vivait sous la formule standard des gens du 21e siĂšcle : deux parents qui travaillent / enfants qui passent au-dessus de 45 heures par semaines Ă  l’école et au service de garde / horaire chargĂ© / impatience – irritabilitĂ© / enfants avec des appareils Ă©lectroniques plein les mains et qui ne veulent pas sortir dehors / parents dĂ©bordĂ©s, Ă©puisĂ©s et trop souvent, en burnout familial
  

Voulez-vous nous faire reculer avec vous? Est-ce réellement pensable pour vous de nous enlever nos moyens d'intégrer les recommandations de vos professionnels dans nos vies?

Je me pose sĂ©rieusement la question : Ă  quoi servent ces recommandations si ce n’est pas pour les appliquer? L’état paye pour des recherches, des Ă©tudes, des expĂ©riences et on n’en favorise pas l’intĂ©gration dans la vie des quĂ©bĂ©cois...!  

Voici un exemple concret de ce que nous faisons en enseignement Ă  la maison :
Les activitĂ©s de cuisine permettent : l’utilisation des technologies pour effectuer la recherche des recettes, lecture des recettes, planification-organisation-mĂ©thodes de travail afin de rĂ©aliser la recette selon l’ordre dĂ©terminĂ©, mesurer et/ou peser des ingrĂ©dients, etc. On joue avec les fractions. On double les recettes. On les triple aussi. Et parfois, on les rĂ©duit de moitiĂ©. On comprend le calcul Ă  faire pour obtenir une tasse d’un produit en ayant Ă  notre disposition, parfois, seulement un contenant d’un quart de tasse pour mesurer. On perfectionne l’esprit logique, l’autonomie, les saines habitudes alimentaires. On pratique la rĂ©alisation entiĂšre d’un projet : de la recherche de la recette au mĂ©nage que cette activitĂ© comporte, pour terminer par le plaisir de la dĂ©gustation et du partage avec les membres de notre famille. On peut mĂȘme en profiter pour amĂ©liorer notre esprit critique, pour Ă©mettre des hypothĂšses, pour faire des essais et des erreurs. On applique le principe de rĂ©solution de problĂšmes, on identifie des stratĂ©gies. On peut mettre en Ɠuvre sa pensĂ©e crĂ©atrice : on peut inventer, dĂ©corer, faire de l’art avec nos rĂ©alisations culinaires. On peut profiter de l’occasion pour parler en anglais durant l’activitĂ© de cuisine. On peut profiter de l’occasion pour chanter et ainsi, pratiquer notre mĂ©moire, Ă©largir notre vocabulaire, nos connaissances gĂ©nĂ©rales. On peut mĂȘme profiter de l’occasion pour faire du dĂ©veloppement personnel et social lorsque l’on se met Ă  table autour d’un repas fait par les enfants. On doit travailler en Ă©quipe et coopĂ©rer lorsque l’on fait quelque chose de dĂ©licat comme de la cuisine. On apprend Ă  respecter les mĂ©thodes de travail Ă  suivre. On doit suivre les rĂšgles de fonctionnement lorsque l’on fait ce type d’activitĂ© si on veut utiliser du matĂ©riel qui nous permet de rĂ©aliser nos recettes (couteaux / mĂ©langeurs / cuisiniĂšre / etc). On dĂ©veloppe notre capacitĂ© d’adaptation et d’ajustement. On pratique notre persĂ©vĂ©rance dans l’accomplissement de la tĂąche parce que le rĂ©sultat, on le veut « mangeable »! 😉  

L’école Ă  la maison, c’est tout ça
! Et mĂȘme plus!
L’intĂ©gration des compĂ©tences transversales dans le quotidien de l’école Ă  la maison, je pourrais en parler beaucoup plus longtemps.  

Des exemples comme ceux-là. M. Roberge, j’en ai à la tonne.  

Ce n'est vraiment pas tous les enfants pour qui c'est profitable de passer 5 heures assis sur une chaise Ă  se faire entrer de l’information dans le cerveau et ensuite devoir transfĂ©rer le tout sur un examen.
Ici, j’exagĂšre le systĂšme. Je le stĂ©rĂ©otype. Je tente de faire une image. Bien sĂ»r, que ce n’est pas exactement comme cela que ça se passe en classe.

Mais tout de mĂȘme
 « On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-ĂȘtre l’écouter
! »

Que faisais les gens dans les annĂ©es 60 pour qui ce systĂšme ne fonctionnaient pas? Ils abandonnaient trĂšs tĂŽt et allaient travailler sur la ferme ou ailleurs. Étaient-ils tous des incompĂ©tents? Étaient-ils des gens qui sont incapables d’apprendre? Ou Ă©taient-ils seulement des gens qui Ă©taient davantage manuels, concrets, pratiques et donc, pour qui le systĂšme traditionnel ne fonctionnait pas?  

Le projet de rĂšglement que vous dĂ©posez va Ă  l’encontre de ce qui fonctionne trĂšs bien dans l’éducation Ă  domicile. Le fait d’imposer la passation des mĂȘmes examens qu’à l’école obligent les parents-Ă©ducateurs Ă  reproduire exactement le systĂšme scolaire. SystĂšme qui, je le rĂ©pĂšte, de toutes Ă©vidences ne fonctionne pas.

Ce projet de rĂšglement nous contraint Ă  tenter de « remplir le vase » d’une façon qui ne fonctionne pas pour une majoritĂ© d’enfants. Nous avons fait le constat que le bourrage de crĂąne n’est pas favorable Ă  l’apprentissage.
Pourquoi voulez-vous nous mettre dans le mĂȘme bateau qui chavire?  

Vous avez dĂ©clarĂ© que « le projet de rĂšglement permettra Ă  chaque enfant de « dĂ©velopper son plein potentiel ». Je souhaite rĂ©ellement vous entendre m’expliquer comment vous en ĂȘtes arrivĂ© Ă  cette conclusion pour affirmer une telle chose. Sur quels faits ou rĂ©sultats vous basez-vous
 car visiblement, je n’ai pas la mĂȘme « lecture » que vous. Je suis pourtant allĂ©e Ă  la mĂȘme Ă©cole 😉 (façon de parler!).    

Vous avez Ă©galement dit que « Ces modifications [...] s’inscrivent parfaitement dans notre volontĂ© de mettre l’intĂ©rĂȘt des Ă©lĂšves au-dessus de tout autre considĂ©ration ». L’intĂ©rĂȘt des Ă©lĂšves, M. Roberge, c’est vraiment par la mĂ©thode d’enseignement actuelle que nous y arriverons vous croyez?  

M. Roberge, regardez nos enfants. Voyez les rĂ©sultats que nous obtenons par les autres façons d’évaluer les enfants plutĂŽt que d’imposer l’utilisation d’un programme fixe et des examens.

Avec ce nouveau rÚglement, vous venez faire votre loi directement dans nos maisons et nous obliger de faire exactement comme dans les écoles.    

Pensons à notre célÚbre scientifique, M. Albert Einstein.
Citons ici sa parodie du systĂšme Ă©ducatif : « Pour une juste sĂ©lection, tout le monde doit passer le mĂȘme examen : vous allez devoir grimper Ă  cet arbre. » dit le professeur ses Ă©tudiants (un oiseau, un singe, un pingouin, un Ă©lĂ©phant, un poisson, un phoque et un chien).

La morale de cette histoire expliquĂ© par M. Einstein : « Tout le monde est un gĂ©nie. Mais si vous jugez un poisson par sa capacitĂ© Ă  grimper aux arbres, il passera sa vie entiĂšre persuadĂ© qu’il est totalement stupide. »
Je n’ai rien de plus Ă  ajouter. Je crois que le pĂšre de la thĂ©orie de la relativitĂ© a tout dit!  

Albert Einstein est d’ailleurs un de ceux qui n’a jamais pu se conformer au moule de l’éducation et qui Ă©tait considĂ©rĂ© comme un mauvais Ă©lĂšve. Il Ă©tait pourtant un homme extra-brillant.

DĂ©jĂ , Ă  l’époque, M. Einstein dĂ©NONçait les dysfonctionnements du systĂšme scolaire
 Dysfonctionnements qui sont toujours les mĂȘmes, encore aujourd’hui.  

Je trouve aberrant, voir gĂȘnant, que nos gouvernants choisissent toujours de maintenir un systĂšme dĂ©faillant plutĂŽt que l’évolution et l’amĂ©lioration de celui-ci. Pourquoi rester dans un ancien paradigme Ă©ducatif aussi longtemps et se rebuter contre ceux qui trouvent des alternatives comme l’enseignement Ă  la maison?    

M. Einstein s’opposait au principe d’apprentissage de connaissances par cƓur (sans recherche et sans rĂ©elle comprĂ©hension).

Il disait : « Les excĂšs du systĂšme de compĂ©tition et de spĂ©cialisation prĂ©maturĂ©e sous le fallacieux prĂ©texte d’efficacitĂ©, assassinent l’esprit, interdisent toute vie culturelle et suppriment mĂȘme les progrĂšs dans les sciences d’avenir. Il importe enfin, pour la rĂ©alisation d’une parfaite Ă©ducation, de dĂ©velopper l’esprit critique dans l’intelligence du jeune homme. Or la surcharge de l’esprit, par le systĂšme de notes, entrave et transforme nĂ©cessairement la recherche en superficialitĂ© et absence de culture. »  

M. Roberge, je sais vous ĂȘtes un homme brillant et que vous souhaitez le changement au niveau de l’éducation, par mesure de bienveillance. Faites vos devoirs, je vous prie.  

Toute cette aventure en tant que mĂšre m’apprend qu’il est bien vrai que le plus bel hĂ©ritage qu’un parent puisse laisser Ă  son enfant est un peu de son temps chaque jour.  

J’ai tellement l’impression d’avoir contribuĂ© positivement Ă  la modification de la trajectoire de mon fils ainĂ©, en le sortant d’un systĂšme qui a de besoin qu'on s'en occupe, qu'on le renouvĂšle, qu'on l'adapte. Un systĂšme qui contribuait Ă  la dĂ©tĂ©rioration du dĂ©veloppement de sa personne. Un systĂšme qui l’étouffait un peu plus chaque jour et qui le tirait vers la noirceur.  

Connaissez-vous cette citation de Mme Maria Montessori : « N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde aura changĂ© lorsqu’ils seront grands. »? Je crois que le modĂšle d’apprentissage en famille favorise grandement Ă  former des ĂȘtres autonomes, fonceurs et dĂ©terminĂ©s pour l’avenir de notre monde.
N’est-ce pas la mission de l’éducation M. Roberge?  

Avons-nous assez discutĂ© de l’importance de former un nouveau paradigme Ă©ducatif?    


3- Campagne de dĂ©sinformation qui induit en erreur la population gĂ©nĂ©rale (Ă©coles religieuses illĂ©gales VS Ă©cole Ă  la maison). Et, en l’occurrence, qui influence dĂ©shonorablement l’opinion publique.

Un amalgame mĂ©diatique dĂ©plorable est rendu actuellement entre deux situations complĂštement opposĂ©es, soit: les familles qui ont fait le choix d’une Ă©ducation diffĂ©rente et les Ă©coles religieuses illĂ©gales.

Comment est-ce possible de laisser publier une telle dĂ©sinformation? Est-ce les Ă©quipes journalistiques qui ont mĂ©langĂ©es les informations pour fins de sensationnalisme auprĂšs de la population? Est-ce une tactique gouvernementale pour influencer l’opinion publique qui n’est majoritairement pas informĂ©e sur ces dossiers?  

Comment peut-on oser mettre deux groupes dissemblables dans le mĂȘme panier et oser faire les manchettes avec cela? Comment peut-on oser prĂ©tendre remplir sa mission d’informer la population en diffusant des informations aussi trompeuses et fausses comme celles-ci?  

Les mĂ©dias d’informations jouent un rĂŽle crucial, car ils permettent Ă  la population de fonder leurs opinions en se basant sur les faits rapportĂ©s. Les mots peuvent crĂ©er des maux
 c’est important d’y voir et d’informer avec des propos justes et rĂ©els.

De contribuer Ă  la dĂ©sinformation massive de notre population contribue Ă  nourrir la peur et l’inconnu.
Ce n’est pas digne d’honneur et de respect d’un gouvernement envers ses citoyens. Ni des mĂ©dias envers son public.    


4- Bris de confidentialité

Je suis Ă©normĂ©ment prĂ©occupĂ©e par l’article du Devoir, en date du 28 mars 2019. On y apprend le bris de confidentialitĂ© de la part du gouvernement Ă  propos de documents importants comprenant des informations hautement intimes et personnelles sur les familles Ă©ducatrices.

Un site sĂ©curisĂ© pour le dĂ©pĂŽt de nos documents a Ă©tĂ© crĂ©Ă© Ă  l’étĂ© 2018. Les parents-Ă©ducateurs ont collaborĂ©s et ont fait confiance au gouvernement.

Je suis Ă©branlĂ©e d’apprendre comment nos documents ont Ă©tĂ© traitĂ©s.  

Vous devez pourtant connaĂźtre l'importance du respect des renseignements confidentiels...? Vous devez pourtant savoir qu'un lien de confiance est difficile Ă  obtenir, facile Ă  perdre et encore plus difficile Ă  obtenir une seconde fois...?

J’aimerais bien lire votre agenda ou votre journal intime pour voir votre façon d’écrire, l’accord de vos verbes et le dĂ©saccord de vos propres principes. Petite ironie ici.  😉 Je m’excuse. Je ne voudrais, oh grand jamais, transgresser l’intimitĂ© et la confiance de quiconque. 


5- Pour terminer


Peu importe le nom de votre partie, peu importe vos allégeances politiques, peu importe votre rÎle au sein du gouvernement, je vous demande de défendre notre droit fondamental à la liberté éducative.

Plus spécifiquement :
1- Je vous demande de vous informer davantage sur l'enseignement à la maison et de créer un lien sincÚre de collaboration avec les parents-éducateurs et votre belle équipe de la DEM. Je vous demande d'établir et d'entretenir une saine communication entre nous.

2- Je vous demande d'abandonner l'idée d'imposer la passation des examens ministériels pour les enfants qui vivent l'enseignement à la maison.

3- Je vous demande d'énoncer publiquement la distinction entre la réalité des écoles religieuses illégales et celle des familles qui font l'enseignement à la maison.

4- Je vous demande de présenter vos excuses concernant le bris de confidentialité qu'il y a eu. Je vous demande de tenter de rétablir le lien de confiance avec les nombreuses familles touchées par cette grave erreur.


M. Roberge, si vous m'avez vraiment lu jusqu’au bout, je vous remercie sincĂšrement. C'est un pas vers l'avancement
 Je suis prĂȘte Ă  ouvrir la discussion avec vous et votre Ă©quipe concernant l'Ă©ducation en famille, nos droits, notre rĂ©alitĂ©, nos besoins et tout le reste.

Merci pour votre compréhension,
Marie-Ève Gagnon
Parent-Ă©ducateur


« Quand les maßtres cesseront d'enseigner, les élÚves pourront enfin apprendre. » (Montesquieu);

« Tu me dis, j'oublie. Tu m'enseignes, je me souviens. Tu m'impliques, j'apprends. » (Benjamin Franklin);  

« Former, ce n'est pas remplir un vase, mais allumer un feu » (Aristophane);  

« La sagesse commence dans l'émerveillement » (Socrate);  

« Nous sommes tous des génies. Mais si on juge un poisson par son aptitude à grimper dans un arbre, il passera sa vie à croire qu'il est stupide » (Albert Einstein);  

« Qui ne continue pas à apprendre est indigne d'enseigner. » (Gaston Bachelard)